Rachel

– Rachel –

Si la science-fiction rétro-futuriste de Blade Runner fascine, c’est le personnage de Rachel qui me touche tout particulièrement et retient mon attention.

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D’allure stricte, Rachel (interprétée par Sean Young) nous est rapidement présentée comme une réplicante, une androïde fabriquée par les hommes. Belle, froide et mystérieuse, elle est sans le savoir conditionnée par de faux souvenirs qui lui font croire à son humanité.

C’est pourtant en apprenant son origine artificielle que Rachel révèlera l’étendue de sa sensibilité. Alors que le manque d’empathie caractérise les réplicants, elle se montrera la plus humaine et la plus touchante de tous les personnages rencontrés par Deckard (Harrison Ford).

Tout commence cependant dans la plus pure tradition du film noir: il est le détective, elle est la femme fatale. Son devoir est de la traquer pour l’éliminer. Elle pourrait tout autant se retourner contre lui. La vierge Rachel tisserait-elle donc sa toile pour mieux pièger Deckard?

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La licorne blanche qui apparait à Deckard lors d’un songe et qu’il trouve sous forme d’origami à la fin du film semble confirmer cette menace. Il existe en effet un parallèle entre le détective et cet animal mythologique féroce, symbole dans l’occident médiéval de pureté et de grace, et attiré par l’odeur de la virginité.

Grace et férocité: la dualité de Deckard est cependant troublante. D’un côté le chevalier d’une humanité désirant se protéger contre la menace androïde, il se montre malgré tout violent et sans empathie lorsqu’il élimine les réplicants uns à uns.

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A l’opposée, Rachel, touchante, verse quelques larmes et peine à croire que les souvenirs qu’elle a de son enfance ne sont pas les siens. Elle fuit Deckard une première fois, comme si elle ne pouvait accepter cette terrible réalité. Plus tard, alors que celui-ci dort, elle s’assoit au piano, défait sa coiffure sophistiquée et laisse apparaître une chevelure dense, une beauté vulnérable.

Son regard rempli de mélancolie, ses doigts qui errent sur le piano. Les leçons de piano de son enfance ne sont qu’une illusion mais l’émotion qui la traverse est bien réelle.

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Elle n’est plus l’androïde froide, stricte et sûre d’elle du début. Deckard s’assoit près d’elle, et l’embrasse tendrement sur la joue. Elle se lève, il la retient. Elle succombe finalement à cette étreinte protectrice, animale, humaine.

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La sensibilité désarmante de Rachel, son jeu de cache-cache, révèlent alors tout le désir entre une femme et un homme que tout séparent mais qui se laissent finalement dompter l’un par l’autre. Un amour humain et éphémère qui se perdra dans le temps, “telles des larmes sous la pluie”.